La carrière/Sathonay Camp

Programme : 15 logements intermédiaires/
Architecte : exndo architectures/
Localisation : sathonay camp/
Bet : cobalp – cetis – coralie scribe paysagiste/
Superficie : 1160 m² SDP/
Etat : Études en cours

évolution du site dans le temps
Si l’on considère sur des temps géologiques le site de Sathonay, on note sans surprise un remaniement fait de sédimentation, d’érosion, tantôt lacustre, parfois maritime, charriant alluvions et matériaux, et donnant une tonalité caractéristique à la terre. Le cailloutis jaune ferrugineux villefranchien, les galets dits «têtes de chats», les «palets de Gargantua» que sont les rochers erratiques abandonnés à un autre temps par les Géants, témoignent de cette activité continue du sous sol. L’homme, dans sa quête d’établissement dans son milieu, a exploité ce sous-sol pour édifier et faire sortir de terre ce qui lui servira d’habitat. La carrière devient le lieu d’extraction de la ressource nécessaire pour édifier sa vie.
la carrière
Le mot est évocateur. Il peut nous inspirer ce lieu étrange où la nature ressurgit au delà d’elle-même, tantôt écorchée, tantôt cicatrisant ses diaclases par des recépages boursoufflant sur des croutes rocheuses. Et pour se mettre à distance et préserver l’environnement proche des nuisances, des merlons périphériques apportent discrétion et entretiennent un certain mystère.
à l’ouest de l’ouest
A l’ouest de la France, il y a le littoral. La frontière naturelle avec un autre monde, l’océan. Le Boulevard de l’Ouest, la montée de l’Ouest, l’Allée de l’Ouest, expriment ‘la limite territoriale’ déclarée comme telle. Nous trouvons cette notion extrêmement instructive quant à la perception de ce territoire. Est-il accroché à la cime de ses peupliers ou bien à la mer bleutée des Mont Cindre et Mont Thou ? Appartient-il déjà à la chute topographique du Ravin ?A l’instar des carrières, nous retrouvons dans ce site, tel qu’il est, cette discrétion depuis l’Allée de l’Ouest, cette surprise lorsqu’on y pénètre, au moment notamment où il se referme sur nous-même dans un ‘cirque paysagé’, et enfin un apaisement contemplatif lorsque l’oeil accomode sans obstacle vers le lointain. Il y a bien ici un lieu autonome et ambigu, où l’on ne sait plus dire si nous sommes sur l’herbe, dans les arbres, sur les rochers, dans une forêt ou sa clairière, ou encore dans le fond de mer de l’ère secondaire.
ENSEIGNEMENT DU SITE
En analysant les lignes de force du site, on note l’association de deux armatures antagonistes : trames longitudinales et chaines transversales.
Pour remailler ce site remanié, nous avons exprimé dans notre projet ce tissage de trames et de chaines.
Logiques longitudinales : la trame
Le contexte existant, du fait de la topographie, a induit une logique du nord vers le sud :
-Les courbes de niveaux de la Balme,
-L’Allée de l’Ouest, globalement calée sur une ligne de coteau,
-Le muret d’appui séparatif à l’est.
Le projet prend le relai de ce développement longitudinal :
-en « décollant » la strate paysagère à l’Ouest de l’Allée de l’Ouest, de manière à renforcer ce fort sentiment paysager depuis la rue, et aussi pour maintenir la sensation de merlons végétalisés qui marquent aujourd’hui la lisière du site
-en développant une voie interne de desserte sud-nord, qui revendique un statut de chemin intérieur et discret
-en créant une frange bâtie, poreuse dans le sens où elle s’ouvre ponctuellement par des cadrages vers le lointain, et non rectiligne pour produire des situations qui relève du hameau, dans son rapport de proximité et de vues en enfilade
-La lisière ouest, véritable glacis contemplatif, contrastant avec l’amorce fortement boisée de la balme.
Logiques transversales : la chaine
Mêler à ce tramage longitudinal, des logiques transversales préexistent sur ce site :
-Les lignes cadastrales parallèles
-Les deux points de mire que constituent le Mont Cindre et le Mont Thou projettent le site, et l’accrochent dans une dimension Est-Ouest.
Le projet, à travers ce plan de composition agit et renforce cette dimension transversale :
-Deux venelles Est-Ouest, donnant accès depuis l’Allée à la Balme.
Ces venelles semblent « écorcher » le merlon végétal en lisière. A l’image d’une carrière, des affleurements rocheux sont mis en scène, donnant l’impression littérale d’entrer dans le paysage.
-Les « bandes conviviales », où se trouvent les cours vergers d’accès aux habitations et les quelques escaliers, mettent en scène le paysage dans un cadrage photographique.
Cette structuration architecturale, à la fois sobre et efficace, fait interagir le proche et le lointain. Nous sommes délibérément dans une approche contemplative.
-Le bâti est traversant Est-Ouest, entre levant vivifiant et couchant reposant.
-Les pièces de vie sont des pièces de vues, dans lesquels le paysage s’invite.
-Depuis le sol, des lignes bocagères et florales accompagnent et renforcent la logique Est-Ouest.
Densifier pour moins impacter
D’une manière générale, programme et projet sont interdépendants l’un de l’autre. Si un projet découle généralement d’un programme, le programme est souvent affiné en fonction du projet. Ces échanges itératifs ont été de mise pour ce qui concerne le dossier de la Carrière de l’Ouest. A la base de la réflexion se trouve le cahier des charges de consultation et la volonté exprimée par la ville de réaliser des pavillons en bandes discontinues, développant une surface de plancher d’environ 1 160 m² SDP. En s’appuyant sur une analyse fine du site, de ses qualités et de ses fragilités, maîtrise d’œuvre et maîtrise d’ouvrage se sont retrouvées autour de l’ambition forte de ménager le site, en préservant les vues, les accès au vallon, le caractère collectif des espaces extérieurs, et de densifier le projet : densification des constructions, tout d’abord, avec la réalisation de maisons superposées plutôt que de maisons individuelles, mais aussi augmentation de la constructibilité en activant la possibilité offerte par le PLU de bénéficier d’un « bonus de cos » dans le cas d’opérations de haute qualité environnementale (+20% soit 1 390 m² SDP maximum)
Création d’un hameau
L’objectif de ce « nouveau » programme est d’inscrire l’organisation socio-spatiale du futur quartier dans le temps, à la façon des hameaux d’autrefois. 17 logements intermédiaires sont ainsi construits, permettant à autant de familles de profiter de la situation privilégiée du site. Ces logements répondent aux avantages d’une maison individuelle (espace extérieur privatif / intimité / bénéfice de locaux annexes) sans en avoir les inconvénients (budget d’acquisition élevé / frais d’entretien importants / consommation de foncier disproportionnée / isolement des habitant). Le dispositif de hameau permet en outre d’organiser une vie de quartier différente, basée sur l’équilibre parfait entre autonomie et partage. Les 17 ménages seront totalement indépendants dans leur logement, tout en partageant un territoire commun sur un site d’exception.
exprimer l’esprit du lieu
Le projet que nous vous proposons s’est nourri de cette étrange sensation que l’essentiel existait déjà, et qu’il fallait lui donner une écoute et une juste attention. Il est possible de maintenir ses qualités, même d’en faire profiter le plus grand nombre, à la discrétion du voisinage, à la curiosité de ceux qui veulent pénétrer ce lieu de transition paysagère. Ce projet est une association entre raffinement et rustique, où le bâti émerge et revendique une présence, où sa proximité forme hameau, et sa consistance crée non des voisins, sinon un voisinage.
Un bati robuste et élancé
Nous souhaitons, sur ce site de La Carrière de l’Ouest, que l’architecture réponde par un projet à la fois robuste, minéral, aux lignes strictes, tout en étant ‘aérien’. Le bâti est compact. Seules les loggias viennent en encorbellement sur les jardins pour précisément apporter un certain élancement, et exprimer cette intention de longues vues orientées vers le grand paysage. Cette ambiguïté entre densité et légèreté renvoie à l’ambiguïté-même du site où le sol ancre et les peupliers élancent. Le hameau est un épannelage entre R+1 et R+2 avec combles. Les toitures discrètes (pente minimale de 28% afin de minimiser les masques solaires) seront réalisées à joints debouts. Ces variations de hauteur créent un rythme et une animation depuis l’Allée. Dans une vision constructive, de performances, et d’économie globale, les volumes construits sont simples et rigoureux. Les dispositifs d’occultations permettront l’été de ventiler tout en se protégeant du rayonnement direct par l’intermédiaire de volets coulissants perforés. D’un point de vue de la matérialité, nous souhaitons que les bâtiments fassent véritablement ‘corps’ avec le paysage, en participant même à l’écriture de ce paysage. Il est proposé que les soubassements, et certains volumes soient réalisés en pierres, à lits horizontaux. Cette matérialité, à la fois rugueuse pour accrocher la lumière, structurante par son aspect minéral, et chaleureuse par sa tonalité en écho avec les affleurements visibles sur les collines à l’ouest, contribuera à donner à l’ensemble une consistance et une valeur patrimoniale forte.

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